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INTERVIEW d'Olivier Lossi - Responsable du service Médiations, Musée de Valence

Musée de Valence
  1. Bonjour Olivier Lossi, vous êtes responsable du service des médiations au musée d'art et d'archéologie de Valence. Cette année, le Musée de Valence rejoint la Fête de la Gastronomie – Goût de France ! Pourquoi avoir décidé de participer à cet évènement ?

Tout d’abord, parce que la ville de Valence fête depuis trois ans Valence en gastronomie. Par ailleurs, la Fête de la Gastronomie – Goût de France se déroule en partie devant le musée. Il nous paraissait alors important de s’associer à un événement tel que celui-là et de croiser les publics.

  1. Selon vous, quels sont les liens qui existent entre musée et gastronomie ?

Les mêmes qu’il y a entre la peinture et la cuisine, une question de goûts. La gastronomie est un patrimoine, au même titre que l'art ou l'archéologie. Le repas gastronomique français a d'ailleurs été inscrit sur la liste des patrimoines culturels immatériels établie par l'UNESCO.

  1. Comment ce lien va-t-il se manifester dans votre projet ?

Notre projet est une visite commentée gustative qui allie médiation culturelle et dégustation culinaire en rapport avec des œuvres d’art et des objets archéologiques. La visite est conçue avec Sébastien Desplanque, jeune chef valentinois qui considère que la cuisine mérite elle aussi médiation. Tout le monde cuisine, que ce soit vous dans votre cuisine ou Alain Passard dans son restaurant. Que ce soit de la cuisine gastronomique ou de la cuisine familiale, le plaisir de manger reste le même. Il en va de même pour la peinture : que vous peigniez sur les bords de la Marne le dimanche ou que vous soyez Picasso, le plaisir de peindre reste le même. Et dans tout ce que je vous dis, le point commun, c’est avant tout le plaisir de créer qui est au centre…

  1. Comment le chef Sébastien Desplanque a procédé pour créer ses recettes ?

Sébastien Desplanque a travaillé avec le service des médiations du musée pour élaborer conjointement un parcours à travers les époques qui s'appuie sur les collections du musée et, à la fois stimule sa créativité. La démarche n'est pas celle de la cuisine historique ni de l'archéologie expérimentale, mais plutôt une libre inspiration, à partir d'ingrédients ou d'associations visuelles qui évoquent par le goût, les œuvres que d'habitude, on ne fait que regarder.

  1. Pour nous ouvrir l’appétit… Pouvez-vous nous citer une œuvre et une recette qui l’accompagnera ?

La « Chips de poisson séché pour un apéro-paléo », une référence à l’alimentation et à un mode de conservation des aliments, probable au paléolithique. Il s'inspire aussi d'une spécialité islandaise : du poisson séché à l’air froid consommé avec du beurre.

  1. Pensez-vous que toutes les œuvres du musée peuvent être interprétées par un chef cuisinier ?

Oui pourquoi pas, même les œuvres abstraites. D’ailleurs la grande cheffe Anne-Sophie Pic est l’une de nos visiteuses régulières. Les collections l’inspirent dans sa cuisine. Peinture et gastronomie procurent le même type d’émotion.

  1. Cette année, la thématique qui a été choisie interroge le Goût dans tous ses sens. Pensez-vous que les œuvres du musée peuvent être abordées par les cinq sens ?

Oui tout à fait. Nous avons la table de médiation « Musée Sa(e)ns interdit ». Il s’agit d’un dispositif multi-sensoriel à destination des publics non valides et valides. Il est lié aux deux natures mortes de Paolo Porpora, un artiste italien du 17e siècle. Ces œuvres auront aussi une recette : « Macarons Paolo Porpora ».

  1. Plongeons dans le futur… Pouvez-vous nous présenter votre projet pour la Fête de la gastronomie - Goût de France 3018 ?

Un dispositif de médiation quantique, mêlant sentiment artistique et sensation gustative.